2000 : Ils sont environ 50 000 spectateurs au stade De Kuip à Rotterdam pour assister à cette finale du Championnat d’Europe des Nations en ce dimanche de juillet entre l’Italie et le France. Le capitaine Didier Deschamps – futur joueur de Valence – est le plus capé de l’équipe de France avec 101 sélections au compteur. Les Français sont champions du monde en titre et les Italiens sont emmenés par le célèbre numéro 3 Paolo Maldini (Milan AC).

Dès les premières minutes, on ressent une certaine tension mais le niveau de jeu semble relevé. Les actions offensives se font présentes dès le début des deux côtés du terrain. Entre les débordements du Gunner Thierry Henry ou les contre-attaques de l’attaquant romain Marco Delvecchio, les occasions ne manquent pas. Sans compter une frappe du côté droit de la part d’Henry qui atterrit … sur le poteau. Le gardien de la Fiorentina, Francesco Toldo, avait mal jugé sa trajectoire ! Stefano Fiore, milieu de terrain de l’Udinese, déborde et centre au deuxième poteau pour Delvecchio qui n’arrive pas à reprendre le ballon. Un coup franc du Milanais Demetrio Albertini passe au-dessus de la barre des cages de Fabien Barthez (en partance pour Manchester United). Même Deschamps décroche un tir en pleine course qui trouve sa place…dans les tribunes ! Youri Djorkaeff (FC Kaiserlautern) trouve la tête de Marcel Desailly (Chelsea) sur un corner mais le score reste toujours vierge. À la 31e minute, sur un débordement d’Henry, le milieu de terrain intériste Luigi Di Biagio commet une faute sur l’attaquant français et récolte un carton jaune. S’ensuit un tir de Djorkaeff dos au but, arrêté sans problème par Toldo. Alors qu’il partait droit au but, Henry est stoppé net dans sa course par le défenseur central de Parme Fabio Canavarro, qui écope lui aussi d’un carton jaune à la 42e minute. Le coup franc tiré par le numéro 10 tricolore, Zinédine Zidane, ne donnera rien pour les français. La pause est donc sifflée sur le score de 0-0 entre les deux équipes.

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Le match reprend sur le même rythme c'est-à-dire avec des occasions plus ou moins nettes pour les Français. Un tir trop appuyé de Lilian Thuram dans la surface après une faute sur Zidane, débordement d’Henry sur l’aile gauche avec un centre en retrait qui ne trouve aucun partenaire… Du côté italien, après un centre de Maldini, Laurent Blanc (Inter Milan) intervient du haut de ses 95 sélections devant Delvecchio. À la 53e minute, le sélectionneur italien Dino Zoff remplace Fiore par le prodigieux meneur de jeu turinois, Alesssandro Del Pierro. Deux minutes plus tard, sur l’aile gauche, après une belle talonnade du romain Francesco Totti pour le défenseur turinois Gianluca Pessotto dont le centre trouve le pied gauche de Delvecchio en une touche de balle. Plat du pied, sécurité ! L’Italie mène 1 à 0 contre la France.

Autour de l’heure de jeu (58e), le sélectionneur des Bleus – Roger Lemerre – remplace l’attaquant Christophe Dugarry par Sylvain Wiltord. Si Dugarry est de retour chez les Girondins de Bordeaux, Wiltord vient de quitter le club bordelais pour jouer avec Arsenal et sa bande de Frenchies… Alors les Italiens sont plus sûrs d’eux et se montrent plus dangereux comme cette frappe trop croisée de Del Piero. Toldo exécute un bel arrêt face à Wiltord. Aux 25 mètres, Di Biagio accélère et tente une frappe sans danger pour Barthez. Après 66 minutes de jeu, Di Biagio laisse sa place à Massimo Ambrosini, milieu défensif du Milan AC. L’Italie entend conserver leur but d’avance… Un nouveau coup franc tiré par Zidane qui voit Henry à la réception au deuxième poteau mais son tir échoue sur le portier italien, une nouvelle fois. Peu après Delvecchio tire du gauche mais non cadré. Toujours sur ce côté gauche, Totti tire un coup franc qui finit dans les airs.

Il reste un quart d’heure de jeu quand David Trezeguet, le nouveau joueur de la Juventus, remplace Djorkaeff (76e). Deux débordements consécutifs tricolores – Henry et Wiltord – finissent dans les bras de Toldo. Une tête de Blanc sur un centre du Munichois Bixente Lizarazu. Un corner rentrant de Zidane… Les occasions françaises ne manquent pas mais restent assez imprécises et les Italiens, qui savent tenir le score en football, sont aux anges… La victoire est proche ! Lemerre fait rentrer Robert Pirès – nouveau joueur d’Arsenal – à la place de Lizarazu à la 85e minute. Zoff, dans la foulée (86e) remplace l’attaquant Delvecchio par un attaquant de l’AS Roma, Vincenzo Montella. Il reste à peine une minute de jeu, qu’Ambrosini décale Del Piero qui se retrouve seul face à Barthez qui fait un arrêt magistral, laissant encore l’espoir à Deschamps et ses joueurs. Alors que les arrêts de jeu prennent fin (93e), Barthez tire un long coup franc qui trouve Trezguet de la tête. Ensuite c’est Wiltord qui l’emmène de la poitrine et qui enclenche, dans la surface de réparation, une frappe du pied gauche. Le ballon file entre les jambes de Nesta et passe sous le ventre de Toldo et fini… au fond des filets ! UN PARTOUT !!! Coup de folie sur le banc des Bleus ainsi que dans les tribunes de leurs supporters… Alors que du côté italien, on peine à comprendre et à réaliser ! Le coup de sifflet annonce alors les prolongations pour  trente minutes (2 fois 15) ou peut-être moins car la règle du but en or est encore d’actualité dans cette compétition.

Les Transalpins sont sous le choc. Revigorés par la tournure des évènements, les Français montent à l’assaut des cages italiennes.  D’abord sur une frappe d’Henry à l’entrée de la surface après une conduite de balle mais son tir atterrit sur Toldo. Quelques minutes après, c’est au tour de Pirès de tenter sa chance d’environ vingt mètres mais le portier Fiorentin effectue un arrêt en deux temps malgré une légère altercation avec Trezeguet. La prolongation face aux Pays-Bas au tour précédent semble peser dans les jambes des joueurs de la Squadra Azzura. Mais c’est à la 104e minute de jeu que l’incroyable se produit. Après un superbe débordement de Pirès, c’est Trezeguet qui d’une reprise fulgurante du pied gauche, au niveau du point de pénalty, donne la Victoire à son équipe devant des adversaires médusés, battus voire abattus… Mais « Trezegol » est loin, très loin. Parti dans une course folle, maillot retiré et sourire-banane poursuivi par ses partenaires qui se souviendront à jamais de cette fin de match de folie. Les trois remplaçants Tricolores sont à la finition de ces deux buts ce qui peut laisser sous-entendre un certain hasard, destin ou même une chance mais qu’importe ! Au stade ou devant leur télé, ceux qui ont assisté à cette fin de match se souviendront de cette émotion de folie comme un Voyage au bout de la nuit. Score final avec But en or : France 2 – Italie 1. La France Championne d’Europe des Nations 2000 !

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