Le 11 octobre 1986, Parc des Princes à Paris, match aller dans les éliminatoires du Championnat d’Europe des Nations.

     Après un Mondial mexicain de folie pour l’équipe de France (3e place), la rentrée 86 n’est pas évidente. Une sorte de décompression s’installe. La qualification à une phase finale d’un championnat d’Europe est plus difficile que celle d’une Coupe du Monde car seule la première place du groupe compte. Le groupe de la France compte l’Islande, l’URSS , la RDA  et la Norvège.  Cette deuxième rencontre pour la qualif’ fait suite au match nul 0-0 obtenu  un mois plus tôt en Islande. L’URSS est une des meilleures nations du moment malgré  un 1/8 de finale au Mondial. Rinat Dasaev (Spartak Moscou) est le capitaine de cette sélection mais aussi un des gardiens les plus réputé. Igor Belanov – 4 buts et 3 passes décisives au cours de la Coupe du monde – sera élu Ballon d’Or de l’année d’ici quelques semaines.

11 ocotbre 1986 FRANCE URSS     Bref, l’équipe de France s’attend à une rencontre de haute intensité. D’autant que le sélectionneur Henri Michel doit faire face à un problème délicat dans le choix de son libéro. En effet, le parisien Maxime Bossis vient de prendre sa retraite internationale après la Coupe du monde et le girondin Patrick Battiston a déclaré forfait suite à des adducteurs hors service. Michel fait appel à un véritable libéro de métier pour accompagner l’auxerrois Basile Boli (3 sélections) dans la défense centrale des Bleus. C’est le parisien Philippe Jeannol qui est titularisé pour la seule et unique fois de sa carrière avec les A. Il a remporté les Jeux Olympiques 1984 sous les ordres d’Henri Michel. Il évolue au Parc des Princes en club depuis deux saisons déjà. Parmi les titulaires du soir, il se trouve aux côtés de  William Ayache (15 sélections) et Joël Bats (32 sélections), parisiens eux aussi. Michel Platini avec 70 sélections au compteur est le capitaine des Tricolores.

    Dès le début du match, le public n’est pas déçu en ce qui concerne la haute intensité de la rencontre. Et l’équipe de France n’est pas en reste. La vitesse et les centres du milieu offensif girondin Jean-Marc Ferreri (20 sélections) permettent aux français d’avoir quelques occasions dans les dix premières minutes de jeu. Mais l’équipe soviétique ne tarde pas à réagir notamment sur un tir d’Aleksander Tchivadze (Dinamo Tbilissi) qui frappe le poteau, rebondit sur le dos de Bats et re-poteau…ouf ! Le ton de la rencontre est donné.  Avec une ossature tirée du Dynamo Kiev – 7 à 8 joueurs – les hommes du sélectionneur Valeri Lebanovski imposent un rythme fluide et complet. Les joueurs au maillot CCCP démontrent une technique individuelle à la hauteur de la tactique collective. Le milieu de l’équipe de France se montre à la fois précis  au niveau offensif avec le duo Ferreri-Platini mais aussi efficace dans la récupération du ballon avec la nouvelle recrue du Matra-Racing Luis Fernandez (36 sélections) associé au girondin Jean Tigana (49 sélections). À la 34e minute, le défenseur droit Vladimir Bessonov (Dynamo Kiev) est remplacé par Vagiz Khidiyatulline (défenseur, CSKA Moscou).  À la pause, malgré le 0-0 inscrit au tableau d’affichage du Parc, les 40 000 spectateurs semblent enthousiastes mais inquiets pour ses joueurs rapport à la vivacité des soviétiques et du jeu coulissant qui en ressort.

11 octobre 1986 DASAEV

     Le premier quart d’heure de la seconde période est la continuité de la première mi-temps… Seulement la fatigue commence à se faire sentir côté des français qui peu à peu vont perdre pied dans ce match. Aleksandr Zavarov (Dynamo Kiev), éblouissant chef d’orchestre  jusqu’ici, fait souffrir les locaux. Il sert un ballon à Belanov, démarqué au point de pénalty, qui en profite pour ouvrir le score grâce à un plat du pied… sécurité (67e) ! À la 71e minute l’attaquant marseillais Jean-Pierre Papin (7 sélections) laisse sa place au gaucher Bruno Bellone (AS Monaco, 30 sélections). Le défenseur Vasyl Rats (Karpaty Lviv) marque le second but du plat du pied gauche sur un centre en retrait d’Anatoli Demyanenko (défenseur, Dynamo Kiev) peu de temps après (73e). En quelques minutes les Bleus sont sonnés puis dominés physiquement par leurs adversaires. Le rythme effréné de l’équipe d’URSS a raison des français. L’avant-centre Segueï Rodionov (Spartak Moscou) est remplacé par l’ailier gauche du Dynamo Kiev Oleg Blokhine à la 82e minute. Boli sort et le milieu offensif Philippe Vercruysse (Bordeaux, 8 sélections) entre à quelques minutes de la fin (87e) mais en vain. C’est la première défaite de l’équipe de France en match de compétition (hors matches amicaux) depuis la reconstruction du Parc des Princes. C'est-à-dire le 13 octobre 1972, la France l’avait alors emportée 1-0 face à… l’URSS.

 

FRANCE –URSS : 0-2

FRANCE : Bats – Ayache, Boli (Vercruysse, 87e), Jeannol, Amoros – Tigana, Platini, Fernandez, Ferreri – Stopyra, Papin (Bellone, 71e).  Entr. : Michel.

URSS : Dasaev – Bessonov (Khidiyatulline 34e), Kuznetsov, Tchivadze, Demyanenko – Yakovenko, Aleinikov, Zavarov, Rats – Rodionov (Blokhine, 82e), Bellanov.  Entr. : Lebanovski.

 

Sources principales :

ANNÉE DU FOOTBALL 1987