Le match se déroule à Vienne au  stade Prater et les 2 clubs européens du soir se verraient bien dans le rôle du vainqueur, ça ne fait pas de doute. Nous sommes en…. Walou ! Rien, makache ! Si je dis la date, c’est sûr qu’on peut deviner vite fait, bien fait de quel but il s’agit ainsi que son auteur… Surtout si vous l’avez vu en direct car il fait parti de ces buts légendaires que l’on se rappelle 10, 20 ou 30 ans plus tard tellement il nous a marqué. Ce genre de but qui vous fait lever du canapé ou qui vous scotche et vous abasourdi, les yeux hagards comme si vous veniez d’assister au retour de William Prunier dans la défense centrale de United… N’empêche que quelques décennies après y avoir assisté, on se souvient tous, où et avec qui nous étions, pour ceux qui ont eu la chance d’être le témoin télévisuel de ce genre de buts de légende… même si chacun à les légendes qu’il mérite.

 

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     77… cette 77e minute, c’est sa minute de gloire à lui en cette finale de Coupe des clubs champions. C’est à ce moment qu’il s’est passé l’improbable voire l’impensable pour un joueur de foot pro, surtout à ce niveau de la compétition. Revenons quelques secondes en arrière afin de nommer les protagonistes de cette histoire et ainsi se rappeler enfin le nom du héros de ce match. L’action a lieu sur l’aile droite de l’attaque du club ibérique avec une conduite de balle d’Antònio Frasco jusqu’à l’entrée de la surface de réparation où il centre en profondeur pour Juary à la limite de la ligne des 5,50 mètres. Malgré le double tacle de l’arrière munichois et du gardien Jean Marie Pfaff, Juary pivote et bénéficie d’un contre favorable à destination du numéro 8 du FC Porto. Celui-ci, après un rebond, tire au but en une touche de balle en exécutant une talonnade… Surface du pied peu habituelle pour marquer un but à ce niveau de la compétition, surtout quand son équipe est menée d’un but au score. Bref, un geste à l’instinct, sans calcul… laisser passer le ballon entre ses jambes et le reprendre du talon derrière sa jambe d’appui, tranquillou bilou.

 

     Le bilan de cette soirée de finale de la Coupe des clubs champions européens 1987 ? Ben… un but légendaire car égalisateur, un centre décisif sur le 2e but victorieux, la coupe aux grandes oreilles et cerise sur le gâteau, ce geste porte désormais le nom de son auteur… On ne marquera plus en faisant une talonnade mais en faisant une « Madjer ».

 

     RABAH MADJER au FC Porto de 1985 à 1991 (dont un prêt au FC Valence de quelques mois durant la saison 1987/88). Il marque 73 buts en 147 matches. Il est champion du Portugal à 3 reprises, il remporte 2 fois la Coupe et la Supercoupe du Portugal. Il gagne la même année (1987) la Coupe des clubs champions, la Coupe intercontinentale et remporte le trophée de Ballon d’or africain.