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     16ème journée de Ligue 1, en plein hiver 2009. Bordeaux accueille le Paris Saint-Germain à domicile, à Chaban-Delmas. Eh oui, ce n’était pas encore le Matmut Atlantique ! Le joueur qu’on évoquera dans quelques lignes aurait pu devenir un très bon footballeur mais le destin en a décidé autrement.

     A la mi-temps, le futur champion de France, alors entraîné par Laurent Blanc, rentre aux vestiaires sur le score de 2 à 0 en leur faveur. Début de seconde période logiquement maîtrisé par les bordelais. Le futur buteur aura le droit à son heure de gloire, lui qui a déjà régalé le public de Chaban-Delmas en première période avec une passe décisive et quelques gestes techniques dont il a l’habitude. Mais les spectateurs du stade n’ont encore rien vu. On joue la 69e minute de jeu quand Benoît Trémoulinas centre dans le vide devant le but de Mickaël Landreau. La défense parisienne essaye de se dégager mais le ballon revient dans les pieds de Matthieu Chalmé, à 25 mètres des cages parisiennes. Ce dernier sert immédiatement son coéquipier à l’entrée de la surface, dos au but, pressé par Sylvain Armand. Mais cela ne l’empêche pas d’effacer son adversaire en réalisant une roulette et se retrouve face à un deuxième défenseur parisien : Sammy Traoré. L’ancien niçois se fait balader sur un double contact du jeune meneur de jeu de 23 ans. Dans ce mini-périmètre tous les gestes du joueur prêté par le Milan AC doivent être précis et rapides. Et on dirait qu’il y arrive sans problème ! Grâce à ce geste technique, il réussit à rentrer dans la surface parisienne, lève rapidement la tête et prend l’information en deux-deux. Zoumana Camara se précipite alors sur le porteur du ballon mais il est déjà trop tard : le jeune prodige a déjà tiré et la balle franchit la ligne de but. Landreau ne peut strictement rien faire : 3-0.

     Lorsque les supporters de Bordeaux revoient ce but zidanesque sur les écrans géants du stade, des « Oh ! » et des applaudissements proviennent des tribunes. C’est à partir de cette action conclut en beauté que le buteur a été comparé au grand magicien français, Zinedine Zidane. Eh oui, quelques mois plus tard, Yoann Gourcuff (fils de Christian Gourcuff, ex-entraîneur du FC Lorient) recevra le prix UNFP du plus beau but de l’année grâce à ce chef-d’œuvre. Il expliquera ses émotions tout au long de son action avec le public de Chaban : « J’ai ressenti dans les différentes phases de l’action le public qui, au fur et à mesure, commençait à réagir. Déjà au moment de la roulette, je sens une réaction du public. Dans la foulée, il y a le double contact, où je sens une nouvelle réaction. Quand je frappe et que je marque, là c’était incroyable dans le stade, c’était énorme. » Sammy Traoré déclarera: « « Ça va tellement vite, que sur le coup, on ne se rend pas compte. Plus que le but en lui-même, c’est la réaction de Mickaël Landreau qui nous a surpris. Quand il se relève de son plongeon, il secoue sa main et dit : "Ouf, il est beau le but" ». Le PSG s’inclinera sur le score de 4-0.

 

    YOANN GOURCUFF : il porte le maillot bordelais de 2008 à 2010, inscrivant 22 buts et délivrant 15 passes décisives en 84 matches toutes compétitions confondues. Vainqueur du Trophée des Champions avec Bordeaux en 2008 et 2009 puis en 2012 avec l’Olympique Lyonnais, il est champion de France avec Les Girondins en 2009. La même année, il soulève la Coupe de la Ligue. Il devra attendre quatre ans pour remporter la Coupe de France avec Lyon en 2012.