Durant la saison 1987/88, le PSV semble en pleine forme et hors d’atteinte. Quoique… Le club vient de transférer sa star Ruud Gullit au Milan AC. Le milieu offensif international a mené les Boeren au titre deux saisons consécutives. Mais le Philips Sport Vereniging veut à tout prix réussir la passe de trois. Fait unique dans l’Eredivisie, car réalisée à une seule reprise, à la fin des années 60 avec Cruyff et les siens à la tête de l’Ajax. Très vite, le PSV entame cette saison 87/88 comme il a fini la précédente, à fonds les ballons. Plus la saison se déroule, plus son avance en championnat est considérable. D’ailleurs, l’attaquant Wim Kieft finit meilleur buteur du championnat avec 29 buts – déjà 32 unités avec l’Ajax dans la saison 81/82. À dix reprises le club marque plus de cinq buts par match dont neuf fois avec cinq buts d’écart. L’attaque est vraiment prolifique avec 117 buts marqués – et une différence de +89 ! Ronald Koeman, le défenseur central de l’équipe finit 3e meilleur marqueur de la saison (21 buts). Hans Van Breukelen est le gardien titulaire de l’équipe ainsi que de la sélection. Les joueurs de Guus Hiddink remportent même la coupe des Pays-Bas contre Roda JC en prolongation 3-2.

               

PSV EINDHOVEN 1988Au 2e rang  : Jan Heintze, Ronald Koeman, Ivan Nielsen, Søren Lerby,Wim Kieft, Hans Van Breukelen.

Au 1er rang : Edward Linskens, Berry Van Aerle, Gerald Vanenburg, Eric Gerets (cap.), Hans Gillha

 

     La grande surprise du club dans cette saison se situe dans son parcours européen, en Coupe des clubs champions, plutôt atypique à partir des quarts de finale contre Bordeaux. Avant le match aller, en Gironde, le capitaine défenseur Éric Gerets et sa bande dominent leur championnat et ont pour ambition européenne d’aller le plus loin possible en se reposant sur un jeu solidaire et efficace. Les bordelais rentrent bien dans leur match comme le prouve ce coup-franc de l’attaquant José Touré à la 21e minute. Mais il y a un hic pour l’équipe d’Aimé Jacquet... Hans Gillhaus – entré à la 11e et remplacé à la 42e - a pour consigne de veiller sur Jean Tigana (et sa cheville). Durant la première mi-temps, les tacles appuyés du néerlandais sont répétitifs. À quelques minutes de la fin de la première période, au détriment de l’intégrité physique du girondin, le club batave égalise juste avant la pause par Wim Kief (41e). Pour la seconde mi-temps, les erreurs techniques bordelaises sont plus nombreuses et les néerlandais prennent de la confiance. Après le match, il est facile alors de comprendre qu’il y a eu un contrat sur le numéro 8 français. Bordeaux se contente du match nul 1-1 – ce qui fait l’affaire du PSV. Car au retour, il y nul 0-0 au Philips Stadion où Tigana ne peut  être titulaire et se contente du dernier quart d’heure de jeu mais en vain. Le PSV se qualifie sans gagner un match des quarts.

    En demi-finale, le Real Madrid de la Quinta del Buitre - tombeur du Napoli de Maradonna, de Porto (tenant du titre) et du Bayern Munich – se dresse sur la route des Bataves. Les Madrilènes sont les favoris de cette compétition, par leur effectif et par leur jeu. Ronald Koeman, libéro, après quelques déclarations suite à l’attitude de Gilhaus sur Tigana, est suspendu par l’UEFA pour trois matches (réduit à un match après appel du joueur). Dès la 5e minute de jeu, l’attaquant mexicain Hugo Sanchez marque sur pénalty. Le milieu de terrain néerlandais Edward Linskens inscrit le but égalisateur un quart d’heure plus tard (19e).  Ensuite le PSV fait preuve de solidarité et d’efficacité dans ses contres et repart de Santiago Bernabeu avec un 1-1 qui lui sera favorable. En effet, car si même Sanchez ou Butragueño ont plusieurs occasions, le retour de Koeman rassure les néerlandais qui obtiennent à nouveau match nul 0-0 à domicile avec un tir sur le poteau de leur milieu gauche danois, Søren Lerby.  Comme au tour précédent le PSV se qualifie sans gagner un match des demies.

    C’est Benfica Lisbonne qui rencontre le PSV Eindhoven en finale de la Coupe des clubs champions 87/88 au Neckarstaduion à Stuttgart devant 68 000 spectateurs. Les portugais jouent sans leur vedette Diamantino mais peuvent s’appuyer sur la technique de Chinquinho et la robustesse de Carlos Mozer, tous deux do Brasil. Mais les Bataves qui n’ont pas leurs pareils pour neutraliser un match malgré les qualités de l’adversaire. Lerby et Gerald Vanenburg sont les plus présents dans le jeu. Les néerlandais obtiennent encore une fois le fameux score de 0-0 après le temps règlementaire… et les prolongations ! Arrive l’épreuve des tirs au but, tous réussis jusqu’à celui du défenseur portugais Veloso qui échoue sur Hans Van Breukelen, qui donne la victoire aux siens (6 tirs au but à 5).  Le PSV remporte donc la finale sans marquer un but en 120 minutes.

    Avec une modalité (du jeu) minimum – qualité de jeu abyssale avec zéro victoire et seulement deux buts dans le temps de jeu règlementaire à partir des quarts de finale – pour une finalité (du résultat) maximum, avec ce trophée et les deux nationaux le PSV fait partie du cercle fermé de l’European Treble.

 

   Guus Hidink est l’entraîneur de cette équipe qui fait le triplé cette saison-là. Prônant le football total à part dans la campagne européenne 1987/88. À sa tête, le PSV remporte 3 titres nationaux consécutifs de 1987 à 1989. Ainsi que 3 coupes des Pays-Bas de 1988 à 1990. Pour son retour, il remporte encore trois titres 2003, 2005 et 2006, une autre coupe des Pays-Bas (2005) et une Supercoupe des Pays-Bas (2003).

 

Source principale : 

TÉLÉFOOT 1988