1901 : Fondation de River Plate à Buenos Aires, en Argentine.

1941 : Les Girondins de Bordeaux champions de la zone occupée, battent le FC Toulouse, vainqueur de la zone libre puis sortent gagnants du match contre le SC Fives à Saint-Ouen (vainqueur de la "zone interdite"). A l’issue de ces deux matches, Bordeaux est déclaré vainqueur de la Coupe de France. En réalité, les Girondins viennent de remporter un mini-championnat. Mais la Fédération Française de Football Amateur (FFFA) avait l’intention de ne pas remettre la Coupe Charles Simon pour cette victoire. Une pression étatique a donc lieu par la suite et la FFFA finit par remettre le trophée aux vainqueurs, au lendemain de la victoire.

2005 : Une des plus grandes finales de Ligue des Champions : Liverpool-Milan AC. Le fameux hymne "You’ll Never Walk Alone" chanté par les fans des Reds résonne dans le stade olympique Atatürk à Istambul. Du côté des deux équipes, du très très lourd ! L’entraîneur milanais Carlo Ancelotti peut compter sur son équipe, favorite sur le papier : Dida dans les cages, suivi de Jaap Stam ert Alessandro Nesta en charnière centrale et du capitaine Paolo Maldini et Cafu sur les côtés. Au milieu, Andrea Pirlo en milieu défensif, Clarence Seedorf et Gennaro Gattuso devant lui. Et bien sûr, une attaque de folie : Andriy Shevchenko (Ballon d’Or actuel), Kaka (Ballon d’Or deux ans plus tard) et Hernan Crespo sont titulaires pour cette belle finale. Et encore, le banc fait aussi rêver : Rui Costa, Massimo Ambrosini entre autres... Bref, le monstre milanais part grandement favori face à des Anglais beaucoup moins forts : Jerzy Dudek dans les buts, Steeve Finnan, Jamie Carragher, Sami Hypiä et Djimi Traoré en défense. Au milieu, le grand et l’unique Steven Gerrard, devant Xabi Alonso et entouré de John Arne Riise et de Luis García. En attaque, Rafaël Benitez décide d’aligner Harry Kewell et Milan Baros.

Liverpool-v-AC-Milan-2005

C’est bien connu, impossible d’arriver en retard pour une finale de Champions League. Effectivement, dès la 1e minute, Maldini débloque le compteur d’une magnifique reprise de volée qui fait trembler les buts anglais. Cela n’arrange pas les choses pour Liverpool, surtout avec la blessure d’Harry Kewell, à la 23e minute ! L’attaquant australien doit céder sa place à Vladimir Smicer. La première mi-temps est nettement dominée par les Italiens. Et les efforts sont finalement récompensés à cinq minutes de la pause : Shevchenko trouve Crespo qui ne manque pas sa finition (2-0, 39e). Liverpool, déboussolé et douteux, Milan en confiance. Et cela va se concrétiser avec le troisième but milanais juste avant la mi-temps. Kaka adresse une passe en profondeur superbe pour Crespo, qui signe un doublé (44e). 3-0 pour le Milan à la pause, personne  ne pense que la victoire puisse échapper aux hommes d’Ancelotti qui n'ont plus qu'à gérer la seconde période pour s'imposer.

Les supporters de Liverpool viennent de se prendre le ciel sur la tête mais certains continuent à chanter à la gloire de leur club avec le "You’ll Never Walk Alone". Ils ne le savent pas encore mais ils sont sur le point de vivre un moment unique. Durant la pause, Rafael Benitez tente un coup de poker et procède un changement tactique : il sort Steve Finnan et pour faire entrer Dietmar Hamman, et jouer ainsi avec trois défenseurs. Liverpool n’a pas d’autre choix que d’attaquer pour espérer arracher au moins les prolongations. Qui d’autres que le capitaine d’une équipe pour relancer les siens ? Personne. Et ça, Gerrard le sait. C’est pour cela qu’il y croit dur comme fer. A la 54e minute, John Arne Riise centre, et le n°8 des Reds saute plus haut que tout le monde et envoie le ballon au fond des filets. Réduction du score ! (3-1). Il ne perd pas espoir, motive les supporters et ça y est, l’histoire est en marche !

Dix ans après, Paolo Maldini a reparlé de ce match avec Jamie Carragher pour le Daily Mail : pour le capitaine historique du Milan AC, à ce moment-là, il a senti un basculement : "Quelque chose s’est passé en seconde période. Vos fans ont commencé à chanter et chanter encore. D’habitude, dans le stade, c’est du 50-50, mais là, c’était du 75-25 pour Liverpool. Comme si nos fans avaient vendu leurs places aux fans de Liverpool. Je me rappelle le premier but. Je pouvais voir Gerrard et Stam et j’étais prêt à crier ‘Attention, il arrive !’. Mais je n’ai dit. Le ballon et arrivé et Gerrard a marqué. Et je me suis dit ‘M***, mais pourquoi t’as rien dit ?!’ "

Milan-Liverpool

Deux minutes après la réduction du score du capitaine des Reds, c’est au tour de Vladimir Smicer de réduire un peu plus la marque. Il prend sa chance des vingt-cinq mètres et sa frappe pure et sèche fait mouche. Nelson Dida ne peut strictement rien faire (3-2, 56e). Plus tard, le Tchèque se confia à l’UEFA : "Ce n’était pas mon plus beau but. Je crois que j’en ai marqués de meilleurs. Mais c’est assurément le plus important de ma carrière. Sans ça, nous n’aurions pas gagné." Dès lors, Milan tremble. Et dans une ambiance incroyable, Liverpool obtient un penalty quatre minutes plus tard, après un bel enchaînement (60e). Chaque coup de pied arrêté des Reds est tiré par son capitaine. Mais pas cette fois-ci, le milieu anglais passe son tour. Peut-être renonce-t-il à frapper ce pénalty qu’il a lui-même obtenu ? C’est donc Xabi Alonso qui s’en charge et se présente face à Dida. L’Espagnol s’élance et le portier Brésilien se détend sur sa droite et le ballon... est repoussé mais Alonso a bien suivi son tir et envoie le ballon au fond des filets, malgré le tacle désespéré de Nesta. On joue l’heure de jeu et le stade devient complètement fou : en six minutes, Liverpool a refait son retard!

L’AC Milan est sonné, lui qui avait tant dominé en première période pour assurer une belle avance. Mais les Italiens ne laissent pas tomber, ni les Reds. Et il faut une défense de fer de chaque côté pour ne pas céder. Au bout de 90 minutes, les deux équipes sont toujours à égalité et il faut donc faire place aux prolongations. Cette belle finale tient plus que toutes ses promesses et le gardien polonais de Liverpool réalise une formidable parade face à Shevchenko à la 118e qui permet à son équipe de disputer la séance de tirs au but Dix ans plus tard, le Ballon d’Or 2004 déclara : "Même quand j’y repense maintenant, je n’arrive pas à croire que le ballon n’est pas rentré dans le but. C’était un arrêt génial !"

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Ce n’est pas la première fois que le Milan AC dispute une finale de Ligue des Champions et c’est la deuxième fois qu’elle doit passer par la séance de tirs au but pour essayer de remporter la Coupe aux grandes oreilles (la première fois, c’était en 2003 face à la Juventus). Mais cette fois, le scénario dessiné semble aller à l’encontre de l’effectif d’Ancelotti : ce net avantage perdu, l’ambiance d’Istanbul, cette occasion en or repoussée par Dudek… La séance commence très mal. Serginho, le premier tireur milanais, envoie son ballon dans les nuages. Dietmar Hamman (défenseur de Liverpool) réussit à transformer le sien. Au tour du géant Pirlo de tirer : lui qui est si doué dans ce genre d’exercice bute sur Jerzy Dudek. Par la suite, Djibril Cissé transforme derrière et met Liverpool dans un fauteuil. Les Rossoneri sont dans une mauvaise situation mais John Dahl Tomasson devient le premier milanais à ne pas trembler lors de cette séance de tirs au but. Puis, Dida sort la tentative de John Arne Riise et Kaka remet les équipes sur le même piédestal (2-2). Vladimir Smicer conserve l’avantage pris par les Reds (3-2) et vient le tour de Shevchenko. Si i l’Ukrainien ne marque pas, c’est fini. Le revoilà face à Dudek qui l’a privé d’un but deux minutes avant le début de cette fameuse séance. Shevchenko respire un bon coup, s’élance et tire dans l’axe. Dudek part sur sa droite mais laisse traîner une main. Cette main repousse le cuir et libère son équipe. Jusqu’à la dernière seconde,  cette finale aura été haletante. Au final, après ce come-back venu de nulle part, c’est bien Liverpool qui s’impose et qui soulève cette Ligue des champions.

Une dizaine d’année plus tard, au moment de se retirer des terrains en tant que joueur, Steven Gerrard déclara : "C’était un rêve de faire seulement partie de cette aventure et d’aller chercher ce trophée – que nous avons conservé pour toujours – à la fin. Ce match, probablement la plus belle finale de la Ligue des champions, fut un réel miracle." Du côté italien, les réactions sont bien différents. Andrea Pirlo a pensé à tout plaquer, comme il l’a confié au Daily Mail: "J’ai songé à m’arrêter, parce qu’après Istanbul, plus rien n’avait de sens. Cette finale m’empêchait de respirer. Quand cette rencontre-torture fut terminée, nous nous sommes assis dans le vestiaire et nous ne pouvions parler ou bouger. Ils nous avaient mentalement détruits."

Liverpool-Istanbul