1958 : Alors que les Brésiliens affronteront les Suédois, pays hôte, en finale de Coupe du monde le lendemain de cette même année, l’équipe de France dispute la petit finale face à la RFA à Göteborg. Mais les Allemands sont confrontés à un sérieux problème : qui surveiller au plus près ? Just Fontaine ayant inscrit cinq buts en neuf matches ? Ou la star des Bleus et du Real Madrid, Raymond Kopa. Les Tricolores, de leur côté, sont privés de Piantoni (crise d’appendicite) et de Jonquet (blessé). Mais pas de souci, ils sont automatiquement remplacés par Yvon Douis (Lille) et Maurice Lafont (Nîmes).

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Depuis le début de la compétition, les joueurs de Batteux propose un jeu attirant et séduisant et bénéfice, en plus de cela, de l’efficacité de Just Fontaine. Ce dernier n’aura besoin que de seize minutes pour ouvrir le score sur une contre-attaque et un centre du majestueux Kopa (1-0). On se dit alors que le duo français va faire mal. Et c’est le cas ! Enfin plutôt, Fontaine va faire mal. Deux minutes plus tard, Cieslarczyk égalise pour la RFA et les coéquipiers de Rahn commencent à jouer physique sur Just Fontaine. Mais le Rémois résiste aux charges et aux tacles des Allemands et il lui en faut beaucoup plus pour l’arrêter. A la 36ème minute, alors que le score est de 2 à 1 pour la France (but de Kopa à la 27ème minute sur pénalty),  Lerond décide de prendre sa chance au but mais voit son tir repoussé par le portier allemand. Pas de problème puisque Fontaine récupère le ballon, pivote et shoote. Le ballon termine au fond des filets allemands (3-1).  Ça paraît tellement simple pour lui ! Le score ne changera pas jusqu’à la mi-temps. Par contre, en seconde période, il y aura pratiquement autant de buts que durant les 45 premières minutes.

Cinq minutes après le retour de vestiaires, Yvon Douis, le nouveau venu, enfonce encore un peu plus la RFA avec ce quatrième but (4-1, 50ème minute) mais encore une fois, deux minutes après un but français, l’équipe d’Allemagne de l’Est réduit le score par l’intermédiaire de Rahn (4-2, 52ème minute). C’est un match de folie auquel on assiste. Qui l’aurait cru ? Et encore, ce n’est que la petite finale. Mais les deux équipes espèrent bien décrocher la médaille de bronze dans ce Mondial suédois. Le temps s’écoule et Just Fontaine n’a toujours pas marqué en seconde période. Bizarre, non ? Les défenseurs allemands l’ont-ils pris au marquage de près ? Pas à la 78ème minute en tout cas : celui qui terminera troisième au Ballon d’or de cette même année récupère le ballon aux cinquante mètres, élimine Rahn, réaccélère (oh les coups de reins !) et marque (5-2, 78ème minute). Mais « Justo » ne veut pas en rester là alors que la victoire est quasiment acquise. Jusqu’à la dernière minute, il veut marquer et ce sera le cas : à la 89ème minute, il reçoit une passe de Wisnieski sur la ligne médiane. Les Allemands, à l’arrêt, croient au hors-jeu. L’arbitre ne siffle pas et laisse l’action se poursuivre : Fontaine se présente face à Kwiatkoski  et le bat (6-3). Ce sera le score final. Neuf buts en un match : incroyable mais surtout inimaginable à l’époque. Les Bleus terminent donc à la troisième place de cette Coupe du monde 1958, Just Fontaine est porté en triomphe et toute la France saute de joie. Après le match, beaucoup de spécialistes du foot se sont posé la question suivante : pourquoi Just Fontaine n’a-t-il pas tiré le pénalty et l’a laissé à son compatriote Kopa ? L’intéressé lui-même l’expliquera en 2014 : « C’était Raymond qui était désigné. A 1-1, il était normal qu’il le tire. Et puis, je ne savais pas que j’allais mettre encore trois buts ! »

Tout au long de cette magnifique compétition, les Tricolores ont inscrit vingt-et-un buts en... cinq matches dont treize par le chasseur du but hors du commun, Just Fontaine (huit du pied droit dont la moitié lors de ce match, quatre du gauche et un de la tête). Parce que oui, grâce à son triplé face à la RFA, « Justo » termine meilleur buteur du tournoi et efface au passage le record de Sándor Kocsis de 1954, auteur de onze buts avec la Hongrie. En Suède, les Abbès, Kaelbel, Jonquet, Lerond, Penverne, Marcel, Wisnieski, Fontaine, Kopa, Piantoni, Vincent, Lafont , Marche, Remetter et Douis ont fait rêver beaucoup de personnes par leur style de jeu proposé et l’équipe de France a de quoi envisager l’avenir avec optimisme.