1970 : Brésil – Italie. Une affiche de rêve. Surtout en finale de Coupe du monde. Deux grandes nations du football qui s’affrontent pour ce dernier match du mondial mexicain. Douze ans auparavant, le Brésil était déjà en finale face à la Suède : cela n’avait pas empêché les Brésiliens d’atomiser le pays hôte sur le score de 5 buts à 2. Cela n’avait pas non plus empêché Pelé, alors 17 ans  à l’époque, d’inscrire un doublé. Et voilà toujours le Roi Pelé en finale de Coupe du monde douze ans plus tard. Celui qui règne toujours sur la planète et le ballon rond a la possibilité de remporter sa troisième coupe du monde, après celle de 1958 et de 1962. La majorité des 110 000 spectateurs du stade Aztèque a choisi son camp, à tel point que même des orchestres de samba sont présents dans les tribunes. Au niveau de la météo, on est très loin du beau soleil du Mexique : le matin même, des pluies tropicales sont tombées sur Mexico, ce qui oblige les vingt-deux acteurs de la rencontre  à jouer cette finale sur un terrain glissant. En plus de cela, les Italiens ont une condition  physique inférieure à leurs adversaires du jour. La Squadra Azzurra n’est pas au top de sa forme après avoir disputé quatre jours auparavant une demi-finale épuisante mais remportée in extremis face à la RFA.

180702071231311050

Le début du match est simple à résumer : les Brésiliens ne trouvent pas la faille face à une défense italienne solide. Pelé est marqué par Bertini, Rosato est chargé de la surveillance de Tostão. Facchetti doit marquer à la culotte Jaïrzinho et Burgnich ne lâche pas une seconde Rivelino. Mais le déclic vient à la 18ème minute : Tostão effectue une touche pour Rivelino dont ce dernier centre de volée du pied gauche à destination de la surface italienne. Au deuxième poteau, malgré son 1,73m, Pelé reprend victorieusement la ballon de la tête pour inscrire le centième but de la Seleção en Coupe du monde. A noter au passage, la détente toujours aussi prodigieuse du Roi Pelé. Ce premier but de la rencontre est un modèle de jeu à la brésilienne. On se dit à ce moment-là que le Brésil va dérouler. Et non ! A la surprise générale, les Italiens égalisent peu avant la mi-temps par l’intermédiaire de Boninsegna. Un vrai coup de massu pour le Brésil (37e, 1-1). Au retour des vestiaires, Gérson prend sa chance du gauche et voit sa frappe finir au fond des filets d’Enrico Albertosi (2-1, 66e). Puis, neuf minutes plus tard, Gérson réalise une longue passe aérienne pour Pelé qui anticipe mieux le point de chute que Burgnich. L’attaquant brésilien remet intelligemment de la tête à Jaïrzinho qui n’a plus qu’à enfoncer un peu plus les hommes de Ferruccio Valcareggi dans le désespoir (3-1, 77e). Une tête superbement dosée par celui qui se fera un peu plus connaître dans le monde du football. Mais Pelé ne s’arrête pas là et souhaite montrer encore tout son talent dans cette finale à forte chaleur. A quatre minutes de la fin du temps réglementaire, le Roi reçoit le ballon à vingt mètres des buts italiens. Et sans jamais jeté un coup d’œil sur sa droite, il réalise une passe aveugle en profondeur pour son partenaire Carlos Alberto qui était déjà lancé. Ce dernier ne se pose pas de question et fusille le malheureux Albertosi (4-1, 86e). Cette fois, le Brésil remporte sa troisième Coupe du monde. Après un match exceptionnel, « le roi Pelé » est porté en triomphe par ses coéquipiers, celui qui s’était blessé en 1962 et 1966 au point de ne plus vouloir rejouer une Coupe du monde. Pour sa quatrième et dernière apparition en compétition internationale, Pelé a marqué les esprits et restera comme un joueur de référence de son époque. Défenseur de l’équipe d’Italie, Tarcision Burgnich déclara à propos d’Edson Arantes do Nascimento dit Pelé : « Avant le match, je me disais : il est en chair et en os. J’ai ensuite compris que je m’étais trompé. »

1231769-26297382-2560-1440