1933 : Quatre ans après la lourde défaite à Saragosse (8-1), la France tient sa revanche sur l’Espagne sur le plus petit score (1-0). Merci Jean Nicolas. Ce jour-là, l’équipe de France fait un tour d’honneur du Parc des Princes. Ils sont treize car c’est la première application d’un nouveau règlement de la FIFA. En effet, il est désormais possible de remplacer des joueurs blessés au cours d’un match international, jusqu’à la 40e minute. Et ce sont Jules Cottenier et Georges Verriest (à la place de Jules Vandooren et Joseph Kauscar) qui sont les premiers à appliquer cette nouvelle règle. Cette revanche sur les Espagnools permet à la France d’enchaîner une belle série : victoire sur les Belge (3-0, le 26 mars), nuls en Allemagne (3-3, le 19 mars) et au Pays de Galles (1-1, le 25 mai). Les Bleus termineront l’année sur une défaite 4 à 0 face à la Tchécoslovaquie, année précédent la Coupe du monde.

1949 : Pour la première fois, René Vignal est sélectionné en équipe de France. Mais ses premiers matches ne sont que des défaites : face à la Hollande en ce 23 avril (1-4), face à l’Ecosse (0-2) et l’Angleterre (1-3). Titulaire de nouveau face à l’Ecosse, il réussit à arrêter un pénalty, limitant la douche froide pour son équipe (0-2). La défaite face aux Espagnols sur le score de 5-1 lui coûtera sa place. C’est grâce à sa réussite en club où il est finaliste de la Coupe en 1949 et 1950 avec le RC Paris, qu’il réintègre les Bleus en vue du match France-Hollande, le 10 décembre 1950. Et c’est le 3 octobre 1951, que René Vignal sort un match d’anthologie face aux Anglais et permet à son équipe de faire match nul (2-2). A l’issu de cette rencontre, les Anglais le surnommeront « The flying Frenchman ». Sélectionné à 17 reprises, il laissera définitivement sa place le 30 mai 1954 à Ruminski pour un match face aux Belges puis à Remetter.

asse bayern munchen 1975

1975 : Cela peut paraître peu probable de nos jours mais à l’époque Saint-Etienne était une des grandes équipes de France. Elle est même arrivée en demi-finale de la Coupe des clubs champions face au Bayern Munich en 1975. Les Verts, après un match remarquable, ont été tenus en échec à domicile par les Bavarois (0-0). Ils se disent alors qu’ils ont toutes leurs chances et ressortent à nouveau un match remarquable au Stade Olympique de Munich. Malgré le but de Franz Beckenbauer dès la 2e minute sur un corner mal repoussé par la défense française, les Stéphanois sont dominateurs, entreprenant et se créent de belles occasions. Les Allemands subissent tellement qu’ils sont tous recroquevillés en défense : une rare situation chez les champions d’Europe en titre. Mais attention au réalisme allemand ! Et comme toute équipe qui domine le match, Saint-Etienne va se faire piéger en contre-attaque, rapidement mené par l’arrière droit Dürnberger. Ce dernier élimine trois défenseurs adversaires sur un sprint et trompe une nouvelle fois Curkovic. Toute la France espérait un cub français en finale d’une Coupe d’Europe, chose qui n’était plus arrivée de puis le Stade de Reims en 1959. Mais cela n’empêche de constater, pour tous les fans de football, que cette équipe de « Sainté » entraînée par Robert Herbin a un bel avenir devant elle.

Cette même année, 100 000 spectateurs sont présents au Camp Nou pour assister à une demi-finale retour de la Coupe des clubs champions. Et ça se comprend ! Surtout lorsque que l’affiche oppose le FC Barcelone à Leeds United : une rencontre riche en rebondissements. A l’aller, au Yorkshire, Leeds avait remporté la première manche sur le score de 2 buts à 1. Cette fois, la seconde manche se déroule en Espagne. Mais cela n’empêche pas les Anglais à ouvrir le score dès la 7e minute grâce à Lorimer. Tous les supporters catalans encouragent alors Johan Cruyff et ses coéquipiers. Mais en face, dans les cages de Leeds, il y a un gardien exceptionnel ce soir-là : Stewart. Les Barcelonais commencent à douter mais à la 70e minute, Clares égalise. Ce qui est à suivre restera un des moments forts de cette compétition. McQueen reçoit un carton rouge après avoir giflé un adversaire. A la 80e minute, Cruyff décide de prendre sa chance mais son tir est une fois de plus détourné par Stewart. Score final 1-1, le Camp Nou applaudit les Anglais pour leur match héroïque.

SUISSE-FRANCE 77

1977 : 22. C’est le nombre d’années au cours desquelles l’équipe de France n’a plus battu son homologue helvète. Depuis sa dernière victoire contre la Suisse à Bâle en 1955, les Bleus ont connu une grosse défaite face à leur voisin : 6-2, le 12 octobre 1960, à Bâle dont un quintuplé du Suisse Hügi. Mais cette série noire connaîtra le bout du tunnel : les Bleus ont largement dominé les Suisse (4-0). Dominateurs en débuts de match, les Suisses sont prêts à faire trembler les filets français à deux reprises mais leur maladresse sauve les Tricolores. Quelques minutes avant la mi-temps, Platini signe un coup franc venu d’ailleurs et permet à son équipe de prendre l’avantage lors du retour aux vestiaires. Au retour sur la pelouse, cette équipe française ou plutôt stéphano-nantaise (Janvio, Rio, Lopez, Tusseau, Platini, Shanoun, Rocheteau, Baronchelli…) applique une stratégie efficace : laisse l’adversaire se fatiguer avant de frapper là où ça fait mal, c’est-à-dire en fin de match. Et c’est Six qui ouvre le bal de fin de match (7 3e) puis Rocheteau (87e) et Rouyer (89e). Michel Hidalgo, qui n’avait pas ses cadres comme Trésor, Batheay, Battiston ou Lacombe, peut contaster que cette équipe new-look semble presque inépuisable.

1980 : En ce jour de 1980, le Volskparkstadio accueille la demi-finale retour de la Coupe des champions : Hambourg SV contre le Real Madrid. Les 61 000 spectateurs allemands ne le savent pas encore mais ils vont assister à l’un des plus grands exploits de l’histoire de cette compétition. En effet, après leur défaite 2-0 en Espagne, les coéquipiers de Kaltz réalise une première période d’enfer et rattrapent leur retard à la pause (4-1, doublé de Kaltz et de Hrubesch). Hambourg est alors tout proche d’accéder à la finale. C’est chose faite lorsque l’arbitre italien du match siffle la fin du match fou entre ces deux équipes qui se termine sur le score de 5 buts à 1 (dernier but allemand signé Memmering). Le Real au tapis, Hambourg en finale !

Numériser0011

Dans l'autre compétition européenne, la Coupe des coupes, l'affiche d'une des deux demi-finale voit Nantes fac à Valence. A l'aller, les Canaris ont pu compter sur leurs supporters pour gagner la première manche (2-1). Au retour, au stade Luis-Casanova, les Nantais se font avoir sur la tactique de leur adversaire du jour : un dispositif tourné vers l'offensif et principalement en contre. Et cela sera fatal à quatre reprises. A la 10e minute, l'Allemand Bonhof fait trembler les filets français, l'Argentin Kempès réalise un doublé en 19 minutes (59e et 78e). Le malheureux Henri Michel offrira le quatrième but à Valence en marquant contre son camp. Il s'exprima quelques minutes après le coup de sifflet final : "Les critiques vont nous tomber dessus en affirmant que Nantes ne changera décidément jamais, qu'il s'agit d'une équipe de romantiques et de rêveurs... Mais atteindre les demi-finales, ce n'est tout de même pas si loin des sommets."