1949 : "La Coupe a un faible pour Queveilly, mangeur de "pros"", titre L'Equipe du 31 janvier 1949. La veille, l'équipe amateur de la banlieu de Rouen vient de réussir son deuxième exploit d'affilée. Après avoir sorti Toulouse en 32e de finale (4-3), elle vient d'éliminer un autre club de D1, Colmar, à Nancy (0-1). Quelle tactique ont employé les Normands ? Aucune ! "N'ayant aucun souci de construire un jeu académique, ne cherchant pas même à souder leur jeu d'équipe, les Quevillais n'eurent d'autre occupation que de partir le plus rapidement possible, d'être toujours les premiers sur la balle", rapporte le quotidien. Mais ça marche ! A la 12e minute, l'inter Kerdual, sur un contre, ouvre le score. Ne reste plus qu'à tenir, à onze derrière, sur un terrain rendu boueux par le dégel. Colmar ne cesse de tirrr et les Normands de se jeter sur le ballon... "Pour des pros, je ne les ai pas trouvés très forts", rigole après le match l'autre inter, Antoinette, coupe de champagne en main. En Championnat de France amateur, groupe Nord, le club est avant-dernier et risque la descente en régional. Pas grave : à Quevilly, ce qu'on aime c'est la Coupe de France !

1993 : 20e journée de  Primera División, le leader barcelonais se déplace à Santiago Bernabéu pour affronter le Real Madrid, troisième au classement. Les joueurs de l’entraîneur catalan – Johan Cruyff – n’ont connu qu’une seule défaite depuis le début du championnat et possèdent une attaque de feu avec 48 buts en 19 matches. Benito Floro et ses hommes connaissent une première de saison plus délicate avec, déjà, 4 défaites.

30 janvier 1993 REAL MADRI-BARCELONE IVAN ZAMORANO

Dès les premières minutes, le ton est donné de la part des visiteurs. Sur l’aile gauche, après une conduite de balle, l’attaquant bulgare Hristo Stoichkov fait une passe – de son pied gauche magique – à son homologue danois Michael Laudrup. Ce dernier s’immisce idéalement dans l’intervalle mais malheureusement pour lui envoie son tir bien au-dessus des cages du gardien madrilène Buyo. C’est à la 9e minute que l’attaquant chilien Iván Zamorano déclenche une mine qui ne laisse aucune chance au gardien barcelonais Andoni Zubizarreta. Le Real Madrid ouvre la marque et mène 1-0. Sur une passe aérienne de trente mètres de Laudrup, le milieu de terrain de Barcelone Guillermo Amor part dans le dos de la défense locale et amorti de la poitrine le ballon en enchaînant avec un tir à mi-hauteur devançant ainsi la sortie de Buyo. Le FC Barcelone revient au score, 1 partout. À la 41e minute, faute du défenseur Albert Ferrer sur Zamorano. Le capitaine Michel tire et inscrit le pénalty. Le Real Madrid reprend l’avantage 2-1.

La première période est celle des buts et la seconde est celle des remplacements. À la 46e minute, du côté catalan, l’attaquant Begiristáin remplace le défenseur Miguel Nadal. L’attaquant Julio Salinas remplace le défenseur Pablo Alfaro. Cruyff espère revenir au score en donnant un aspect plus offensif à son équipe … mais en vain. Pour les Merengues, le milieu de terrain Luis Enrique entre à l’heure de jeu pour remplacer Butragueño afin de mettre un peu plus d’impact dans l’entre jeu. L’attaquant Zamorano est remplacé par un autre attaquant Alfonso à la 80e minute.

Match quand même bien disputé et engagé entre les deux équipes, avec un déluge de cartons jaunes. Trois avertissements pour le Real, le défenseur Hierro et les milieux de terrain Martín Vázquez et le Yougoslave Robert Prosinečki. Les Blaugranas ont récolté neuf cartons jaunes avec les trois défenseurs Nadal, Ferrer et le néerlandais Ronald Koeman. Le milieu de terrain José Bakero et les deux attaquants Salinas et le danois Laudrup. Après cette 20e journée, les Barcelonais perdent leur première place – au  profit du Deportivo La Corgne – mais restent devant les Madrilènes, qui n’ont plus qu’un point de retard sur les Catalans. Comme souvent, la lutte au classement restera disputée jusqu’au bout entre les deux grands d’Espagne.